Maroc : Carte à puce, le nerf de la guerre entre les différents opérateurs…

Hightech Payment Systems (HPS) détient désormais 56 % du segment des serveurs des guichets automatiques (GAB). C'est ce qu'il ressort des dernières statistiques diffusées par le Centre monétaire interbancaire (CMI).

La bataille sur ce segment s'attisera davantage dans l'avenir proche compte tenu des échéances liées au passage de la carte à piste à celle à puce. Une mutation obligatoire qui vise, en effet, à sécuriser les paiements électroniques à travers la carte bancaire. Autrement dit le passage aux normes EMV, dicté par les deux géants internationaux de la monétique, en l'occurrence Visa et MasterCard, est incontournable.

Le fait de communiquer, aujourd'hui, sur sa part de marché n'est d'ailleurs pas fortuit. Il donne le ton à la concurrence installée déjà, depuis des années, sur le domaine de la monétique classique.
Trois opérateurs en tout et pour tout qui se partagent le gâteau : HPS, M2M Group et S2M.

La première qui emploie plus de 100 personnes-dont 85% de consultants et d'ingénieurs- a réalisé plus de 92 millions de DH en 2005. Il n'était que de 700.000 DH en 1995. Ce dernier est par ailleurs exclusivement réalisé sous forme de licences et de services.

«L'ensemble du parc des Terminaux de paiement électronique (TPE), déployés par le CMI auprès des commerçants à travers les différentes villes du Royaume, est géré à 100 % par la technologie PowerCard de HPS», confirme, en effet, Mohamed Horani, P.-D.G. de l'entreprise HPS

Sur sa lancée, la société table, pour l'année 2006, sur une croissance de son chiffre d'affaires de l'ordre de 40 %.

Un objectif qu'il devra atteindre notamment à travers son produit phare, en l'occurrence le progiciel PowerCard, certifié par Visa, MasterCard, American Express, Diners Club et JCB…

Concernant, l'émission des cartes bancaires, la part de marché dudit opérateur a été estimée par la même entité à 48 %, sur les trois millions en circulation. Le parc étant constitué de 2.400 guichets automatiques.

«Ce leadership se manifeste également à travers le déploiement par HPS récemment au niveau du CMI de la norme EMV qui permet de doter le marché marocain de cartes à puce plus sécurisées, et d'offrir aux porteurs de ces cartes de nouveaux services à valeur ajoutée», confirme Mohamed Horani.
Une bataille toutefois commune aux trois opérateurs.

M2M Group, née en 1990 de l'effort de trois experts du domaine, a pu en deux ans à peine se tailler 80 % de la part du marché des TPE.

Il faut dire que depuis le démarrage de l'activité, les fondateurs de M2M Group n'ont pas cessé de marquer des points. Au Maroc et à l'international. Son chiffre d'affaires s'effectue à 60 % à l'étranger.

C'est depuis des années que les experts du groupe s'attellent au développement des solutions destinées à la «pucification», un terme utilisé dans leur jargon et qui fait référence au passage de la carte à piste à celle à puce selon les standards internationaux. C'est également en 1998 déjà que les compagnons de route lancent les premiers terminaux, certifiés Europay, MasterCard et Visa.

En clair, leurs références, ils les dénicheront d'abord à l'international. Leur technologie étant en déphasage avec la réalité marocaine de l'époque. Aujourd'hui, la monétique devra se mettre à niveau et ce, même au Maroc. Les résultats sont attendus pour 2007.

Exercice aisé lorsque l'on sait que leurs solutions ont déjà fait leurs preuves et ce, aux quatre coins du globe. A titre d'exemple, Sobinbank, un centre de traitement russe, avait déjà fait appel à leurs services pour effectuer leur migration EMV. A Prague, une de ses banques avait également choisi l'opérateur marocain.

Elle s'employait, entre autres, à connecter 12.000 commerçants tchèques en traitant plus de 2 millions de transactions de paiement par jour ! Dès 1999, d'autres marchés ont été investis dont ceux de la Tunisie, du Liban, de l'Egypte, du Qatar, de la Mauritanie et de l'Afrique de l'Ouest. Force est de constater que la concurrence entre les opérateurs marocains se situe également à l'international. HPS a investi les marchés du Moyen-Orient et d'Asie.

Dans la foulée et dans la même logique que son principal rival marocain qui a fait ses preuves aussi à l'international, HPS a ouvert, en 2003, une filiale aux Emirats Arabes Unis, à Dubaï Internet City.
Il compte 150 clients dans 50 pays à travers le monde. Mais au Maroc, la course ne fait que de démarrer. «Aujourd'hui, les annonces sont faites mais on ne pourra parler de carte à puce que si elle se trouve dans le portefeuille du client et qu'elle soit utilisable dans l'automate». Mounir Essayegh, directeur général de M2M Group, tient bien à le préciser.

L'opérateur, qui compte dans ses références Attijariwafa bank, BMCE Bank, Cetelem, Wafasalaf et Salafin, préfère toutefois demeurer discret quant aux différentes actions entreprises dans le sens de la migration avec ses différents clients. Sans contester, également, la part de marché avancé par son concurrent, le porte-parole de M2M Group demeure toutefois discret quant aux réalisations du groupe qu'il dirige. Il est clair que la concurrence est à son apogée…

Du côté des banques, les préparatifs ont déjà démarré. Toutes s'attellent pour se mettre aux normes EMVM. Le Centre monétique interbancaire (CIM) a été justement créé pour optimiser les investissements des unes et des autres institutions bancaires de la place. Cet organe devra satisfaire la logique de la mutualisation des achats. Le passage de la carte à piste à celle à puce s'impose d'autant plus que la croissance de certaines activités en dépend. Celle des compagnies low coast attend impatiemment cette mise à niveau.

Il est clair que ce mode de paiement représente le seul moyen de paiement sécurisé. Et ce n'est que de cette manière que de telles compagnies pratiqueront leurs ventes à travers le net en direction de la clientèle locale. Avec l'Open Sky, l'enjeu est clair.

Et dans la règle générale, la sécurisation de ce mode de paiement permettra la reconversion des clients habitués à émettre des chèques. L'économie de frais de gestion chez les institutions bancaires est assurée. Le traitement des chèques générant des coûts plus élevés. Bref, la course entre les trois fournisseurs de solutions sécurisées a déjà démarré. Le jeu se jouera serré dans ce cas précis puisque le CIM représentera l'acheteur commun aux banques.

En somme, un interlocuteur/acheteur, représentant les intérêts de tout un secteur face à trois opérateurs. Mais tous devront avoir une seule cause à défendre : celle d'éradiquer la fraude.

Vu sur le matin.ma 

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